Galerie de Portraits

20 décembre 2018 - fin mai 2019

 

Une exposition des travaux des collégiens de La Réunion


scénographiée par Lionel Lauret


Dans le cadre du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le Conseil départemental et l’Académie de La Réunion s’associent pour organiser cette exposition de travaux de collégiens. Le projet, ouvert aux 59 000 élèves des 85 collèges publics et privés de l’académie,  contribue au volet culturel de l’établissement et participe au parcours citoyen de l’élève. À partir du nom d’un(e) esclave figurant dans le testament de Madame Desbassayns,  les collégiens sont invités à  faire le portrait d’un ou de plusieurs esclaves.

 

Préambule


L’esclavage a été mis en œuvre dès les débuts du  peuplement de l’île de La Réunion au milieu du XVIIe siècle. Il va surtout se développer avec le lancement de la production de café en 1715. Ainsi, 311 esclaves sont recensés sur l’île en 1704 tandis qu’ils seront 23 000 en 1773 puis 50 000 en 1804.  Le nombre d’esclaves continuera d’augmenter avec le développement de la culture de la canne à sucre au début du XIXe siècle. En  1848 on comptait 62 000 esclaves.


En 1794, la Première République française instaure la notion de « crime de lèse-humanité » puis proclame en 1848, année de l’abolition de l’esclavage, le « crime d’atteinte à la dignité humaine ».
Pour la France et ses colonies, c’est le décret du 27 avril 1848 qui mettra fin à l’esclavage. Ce décret a été annoncé sur l’île de La Réunion par le commissaire de la République Sarda Garriga le 20 décembre 1848, devenu aujourd’hui un jour férié pour le département de La Réunion.


Bien qu’un esclave soit un individu privé de sa liberté et de sa personnalité, devenant la propriété d'une autre personne, ces hommes, ces femmes et ces enfants avaient une culture, des traditions, des croyances, des goûts, des talents, une vie spirituelle… qui ont été transmis de génération en génération, jusqu’à nous.

 

 

 

 

 

Le projet


Ce projet d’exposition a incité les élèves à mener une réflexion sur la déshumanisation et la dépersonnalisation opérées par le système esclavagiste, sur les traces matérielles et immatérielles laissées par les esclaves à La Réunion, et à participer ainsi à l’œuvre de mémoire.


À l’aide des ressources mises à disposition par le musée de Villèle et l’Académie, le projet a permis d’explorer, d’analyser et d’interpréter des événements, des lieux, des personnages qui peuvent constituer des témoignages indirects d’esclaves restant à ce jour peu révélés dans l’histoire de La Réunion.


Chaque collège participant a produit des portraits d’esclaves à partir des noms d’esclaves issus du testament de Madame Desbassayns. Ces portraits pouvant prendre la forme d’une représentation plastique en dessin, peinture, collage ou photomontage, d’un individu, d’un couple ou d’une famille, sur un format A3.


Chaque établissement a retenu, suivant le procédé de son choix, une œuvre parmi l’ensemble des productions.


L’exposition, Galerie de portraits, scénographiée par Lionel Lauret, présente ainsi plus de 170 portraits, réalisés par des collégiens de plus de 30 établissements.